Des figures inspirantes : femmes dirigeantes et pionnières en Afrique
Au-delà des chiffres, ce sont des parcours remarquables qui illustrent la montée en puissance des femmes managers sur le continent. Elles inspirent et ouvrent la voie à d’autres :
- Rebecca Enonchong du Cameroun: fondatrice d’AppsTech, entrepreneur tech reconnue mondialement, membre de conseils d’administration et engagée pour l’écosystème numérique africain.
- Funke Opeke du Nigeria : fondatrice et CEO de MainOne Cable Company, elle a révolutionné l’infrastructure internet en Afrique de l’Ouest .
- Marufatu Abiola Bawuah du Ghana : première femme CEO de UBA Africa, en charge de six pays dont la Côte d’Ivoire, porte une vision panafricaine pour le secteur financier .
- Eliane Ekra de la Côte d’Ivoire : ancienne Ministre de la Santé et aujourd’hui membre du conseil d’administration de la fondation MTN Côte d’Ivoire, elle incarne une femme leader entre gouvernance publique et secteur privé .
- Fatoumata Bâ du Sénégal : ancienne CEO de Jumia CI et MD de Jumia Nigeria, elle joue un rôle clé dans le commerce digital en Afrique .
Plusieurs entreprises ont également mis en lumière le leadership féminin :
- Jumia Africa se distingue par un management paritaire, avec environ 40 % de femmes à des postes clés (managers ou directions) .
- Ecobank a lancé le programme Ellevate, destiné à soutenir les femmes entrepreneures et les dirigeantes sur le continent .
- MTN Nigeria affiche aujourd’hui près de 46,7 % de femmes au sein de son comité exécutif, un taux exceptionnel dans la région .
Ces figures et initiatives montrent que les femmes africaines ne se contentent plus de contribuer, mais conduisent activement la transformation économique et managériale du continent. Leur leadership, exemplaire et varié, offre des perspectives concrètes : co-construction, inclusion, agilité, innovation.
Une avancée inégalement répartie selon les secteurs et niveaux hiérarchiques
La croissance du leadership féminin en Afrique est réelle, mais inégalement répartie selon les secteurs d’activité et les niveaux de responsabilité. Les femmes sont plus présentes dans les fonctions intermédiaires que dans les comités de direction, et certaines industries demeurent particulièrement déséquilibrées.
Selon le rapport The State of Women Leading de LinkedIn, les femmes occupent 30,6 % des postes de direction dans le monde, avec une progression notable au niveau intermédiaire mais un net recul au sommet . En Afrique subsaharienne, même si 23 % des postes de direction sont tenus par des femmes , leur part diminue fortement en comités exécutifs.
Dans le secteur des entreprises cotées africaines, les femmes représentent seulement 12,7 % des sièges au conseil d’administration, avec des écarts importants entre pays : 19,8 % au Kenya, contre seulement 5,1 % en Côte d’Ivoire .
S’il existe des poches d’excellence comme MTN Nigeria (46,7 % de femmes au comité exécutif) ou Jumia CI/Nigeria sous la direction de Fatoumata Bâ, d’autres secteurs comme l’agro-industrie, la logistique ou le BTP demeurent encore largement fermés à l’ascension des femmes.
Cette répartition inégale s’explique par des facteurs sectoriels (traditions patriarcales, enjeux de mobilité, contraintes familiales) et managériaux (biais de recrutement, réseautage faible, rôle des sponsors). En Côte d’Ivoire, malgré le parcours d’Eliane Ekra jusqu’au conseil d’administration de la fondation MTN CI , la proportion de femmes reste faible dans les comités stratégiques.
Pour franchir ce seuil, il ne suffit pas d’augmenter les effectifs féminins : il faut structurer des parcours, développer des sponsors, sensibiliser les leaders masculins, et accompagner les femmes vers les postes clés.

