Deuxième principe clé : Le moindre privilège (une limitation des droits d’accès des utilisateurs au Just-in-Time)
Le principe du moindre privilège est un pilier fondamental du modèle Zero Trust. Il consiste à limiter les droits d’accès des utilisateurs et des systèmes au strict nécessaire pour accomplir leurs tâches, réduisant ainsi la surface d’attaque en cas de compromission.
Dans de nombreuses entreprises, les utilisateurs disposent encore de permissions excessives, souvent héritées de rôles antérieurs ou de configurations historiques. Ces « droits dormants » représentent une menace sérieuse pour votre système d’information : si un compte est compromis, l’attaquant peut l’utiliser pour accéder à des ressources sensibles ou se déplacer latéralement dans le système.
Adopter le moindre privilège implique donc une révision rigoureuse des politiques d’accès. Chaque droit doit être justifié, documenté et régulièrement réévalué. Les accès doivent être définis de manière granulaire, en fonction des rôles (RBAC), des attributs (ABAC) ou des politiques dynamiques qui prennent en compte le contexte.
Le concept de Just-in-Time (JIT) quant à lui renforce encore cette approche. Il s’agit d’accorder des privilèges élevés uniquement pour une durée limitée et strictement encadrée, le temps nécessaire pour réaliser une opération sensible. Après cette période, les droits sont automatiquement révoqués. Cette pratique limite considérablement les risques d’abus ou de compromission persistante.
Cette discipline du moindre privilège n’est pas seulement une bonne pratique technique : c’est une exigence stratégique pour nos entreprises africaines confrontées à des environnements IT hybrides, parfois hétérogènes et en rapide évolution. Elle permet de maîtriser les risques tout en garantissant la flexibilité nécessaire pour accompagner la transformation numérique.
Appliquer ce principe du moindre privilège et le Just-in-Time Access, c’est s’assurer que chaque utilisateur et chaque processus n’accède qu’aux ressources indispensables, et uniquement quand c’est nécessaire, limitant ainsi les conséquences d’une éventuelle compromission.
Troisième principe clé : L’identité comme périmètre
Dans une architecture Zero Trust, l’identité n’est plus un simple attribut à vérifier : elle devient le véritable périmètre de sécurité. Là où le modèle traditionnel se reposait sur la localisation réseau en considérant qu’une fois à l’intérieur tout était fiable l’architecture Zero Trust impose une validation stricte et dynamique de chaque identité, qu’elle soit humaine ou machine.
L’Identity and Access Management (IAM) est au cœur de cette stratégie. Il ne se limite pas à créer des comptes utilisateurs : il s’agit de piloter tout le cycle de vie des identités, de leur création à leur suppression, en automatisant et normalisant les processus. Dans une approche Zero Trust, chaque permission est attribuée de manière granulaire en fonction des rôles ou des attributs, selon une logique de moindre privilège stricte. L’accès Just-in-Time prend ainsi tout son sens : des privilèges élevés sont accordés uniquement pour la durée nécessaire à une tâche précise, avant d’être automatiquement révoqués.
La robustesse de l’IAM repose aussi sur l’authentification forte et contextuelle. L’authentification multi-facteur n’est plus une option : elle combine des éléments comme le mot de passe, les codes à usage unique ou la biométrie pour réduire le risque de compromission. Mais le Zero Trust va au-delà : il impose une vérification adaptative, qui prend en compte le contexte de la demande d’accès de l’appareil utilisé, l’emplacement géographique, l’heure de connexion, ou le niveau de sensibilité des données consultées. Cette capacité à renforcer les contrôles lorsque le contexte l’exige est un puissant levier pour prévenir les accès frauduleux.
Dans des environnements modernes, l’IAM doit également gérer les identités non humaines. Les applications, microservices, conteneurs ou workloads cloud nécessitent des mécanismes de gestion des secrets et des permissions tout aussi rigoureux. Les jetons d’API, les certificats et les clés d’accès doivent également être protégés, renouvelés automatiquement et audités en permanence pour éviter qu’ils ne deviennent des points d’entrée vulnérables.
L’efficacité d’un IAM Zero Trust repose aussi sur son intégration avec les autres composants de sécurité. Il doit s’articuler avec des solutions de SIEM et de SOAR pour corréler les logs, détecter les anomalies et déclencher des réponses automatisées. Il s’associe à des systèmes de Privileged Access Management (PAM) pour contrôler et tracer les activités des comptes les plus sensibles. Et enfin, il interagit avec les proxies d’accès conditionnel et les architectures réseau segmentées pour appliquer les politiques d’identité au niveau réseau et applicatif.
Pour nos entreprises africaines, souvent confrontées à des environnements hybrides mêlant anciens systèmes et applications cloud, moderniser l’IAM est un chantier incontournable. Il s’agit de bâtir des processus adaptés, évolutifs et capables de garantir une sécurité robuste tout en restant accessibles et adaptés à nos réalités locales, y compris la mobilité croissante des nos usages.
En somme, faire de l’identité le nouveau périmètre, c’est déployer une gouvernance rigoureuse et dynamique des accès, capable d’assurer un contrôle fin et contextuel dans un environnement numérique de plus en plus ouvert et complexe.

