Impact des crises mondiales sur les stratégies IT (Covid-19, Ukraine)
Les récentes années ont clairement démontré comment les crises globales peuvent transformer en profondeur les priorités technologiques des organisations.
La pandémie de Covid-19 a servi de catalyseur pour la transformation numérique des entreprises : télétravail, accès distant aux applications et digitalisation des processus sont devenus des impératifs, forçant les DSI à rediriger rapidement leurs budgets vers des solutions cloud, collaboratives et sécurisées. Pour de nombreuses entreprises africaines, cette évolution s’est concrétisée par un basculement significatif du CAPEX vers l’OPEX, permettant ainsi de financer des services à la demande tout en évitant d’immobiliser des capitaux dans un environnement incertain.
Plus récemment, la crise en Ukraine a mis en évidence la dimension géopolitique des choix IT. L’Ukraine étant un hub stratégique pour plusieurs data centers et prestataires technologiques, les perturbations qui ont suivi ont révélé la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement numériques. Face à cette situation, certaines entreprises ont privilégié des architectures hybrides ou multi-cloud, associant infrastructures locales (CAPEX) et solutions externalisées (OPEX) pour sécuriser leurs opérations.
En Afrique de l’Ouest, des acteurs comme NSIA Banque ou Sonatel ont adopté ces approches hybrides, combinant résilience locale et services cloud internationaux, pour réduire leur exposition aux risques et garantir la continuité des services critiques, même en période de crise.
Le choix entre CAPEX et OPEX dépasse désormais la simple décision comptable : il reflète la maturité stratégique des Directions des Systèmes d’Information.
En Afrique, trois facteurs majeurs imposent aux DSI une réflexion approfondie sur l’allocation des ressources : les contraintes budgétaires, l’émergence des solutions cloud et les perturbations causées par les crises mondiales. Cette réflexion doit prendre en compte les spécificités des marchés locaux, les dynamiques sectorielles et l’anticipation des évolutions technologiques.
En somme, l’arbitrage CAPEX/OPEX s’inscrit clairement dans une logique d’alignement entre stratégie, résilience et agilité. Cette base solide permet de développer une analyse sectorielle pertinente pour guider les futures décisions budgétaires et technologiques.

