CAPEX vs OPEX : un choix stratégique pour les DSI

Panorama sectoriel africain : adapter l’arbitrage CAPEX/OPEX au contexte métier

En Afrique, la pertinence d’un modèle CAPEX ou OPEX varie considérablement selon le secteur d’activité, la réglementation et la maturité numérique des organisations. Les DSI les plus performantes sont celles qui ajustent leur stratégie budgétaire avec souplesse, en tenant compte à la fois des priorités opérationnelles et des contraintes propres à leur environnement.

Dans le secteur bancaire par exemple, les exigences réglementaires en matière de sécurité et de confidentialité des données imposent des investissements en CAPEX pour les infrastructures critiques comme les data centers ou les systèmes de paiement. Toutefois, les solutions nécessitant agilité et mises à jour fréquentes telles que les plateformes d’analyse avancée ou les outils de gestion de la relation client sont généralement financées en OPEX. Ecobank illustre parfaitement cet équilibre en combinant un socle d’infrastructures internes sécurisées avec des services cloud pour ses applications mobiles, lui permettant d’innover rapidement tout en respectant les normes en vigueur.

De façon similaire, les compagnies d’assurance, orientées vers la gestion de volumes importants de données, privilégient des modèles OPEX pour les solutions d’analytique, tout en réservant le CAPEX aux systèmes centraux qui garantissent la sécurité des données sensibles.

Dans l’industrie, la continuité opérationnelle justifie souvent des investissements CAPEX conséquents, notamment pour les réseaux internes et les systèmes d’automatisation. Toutefois, pour les fonctions évolutives comme la gestion de la chaîne logistique ou la maintenance prédictive, l’OPEX offre une flexibilité essentielle. Dangote Cement illustre cette approche en intégrant des solutions cloud pour optimiser sa logistique tout en maintenant ses infrastructures industrielles critiques en interne.

L’administration publique évolue dans un cadre budgétaire contraint, favorisant naturellement l’OPEX pour les projets numériques à court terme. Cependant, les impératifs de souveraineté numérique et de protection des données poussent certaines administrations à investir en CAPEX dans des data centers nationaux. Le Sénégal témoigne de cette stratégie avec le Datacenter de Diamniadio, qui combine infrastructures locales et services cloud pour conjuguer performance et indépendance stratégique.

Dans les télécommunications, les opérateurs consacrent leur CAPEX aux infrastructures réseau véritable colonne vertébrale de leur activité tout en adoptant l’OPEX pour les solutions clients et les services de cybersécurité managés. MTN Côte d’Ivoire s’appuie sur un réseau interne robuste, complété par des solutions cloud pour ses services digitaux, réduisant ainsi le délai de mise sur le marché et renforçant sa compétitivité.

D’un secteur à l’autre, la clé ne réside pas dans le choix exclusif du CAPEX ou de l’OPEX, mais dans la capacité à concevoir un modèle hybride qui soutient simultanément la performance métier, la conformité réglementaire et l’innovation durable.

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