Contributeur :
Gérard KONAN
Expert Cybersécurité
Le Zero Trust n’est pas une simple tendance technologique : c’est une véritable révolution dans la manière de concevoir la sécurité des systèmes d’information. Sur un continent où la transformation numérique s’accélère, avec l’essor du cloud, du télétravail et des services mobiles, les modèles classiques de protection périmétrique montrent leurs limites face à des menaces de plus en plus sophistiquées et diffuses.
La philosophie Zero Trust repose sur un principe clair : ne jamais accorder de confiance implicite. Tout utilisateur, appareil ou application doit être systématiquement vérifié avant d’obtenir un accès, même s’il se trouve « à l’intérieur » du réseau. Cette défiance constructive vise à limiter la surface d’attaque et à réduire les risques liés aux compromissions inévitables.
Mais pour être efficace, le Zero Trust ne peut se résumer à un slogan. Il s’appuie sur des principes opérationnels précis qui doivent guider la conception des architectures, des processus et des politiques de sécurité. Comprendre ces grands principes est essentiel pour toute entreprise africaine qui souhaite renforcer sa résilience numérique, protéger ses données sensibles et gagner la confiance de ses clients et partenaires.
L’adage central : « Never Trust, Always Verify »
Au cœur du modèle Zero Trust se trouve un principe aussi simple qu’ambitieux : « Never Trust, Always Verify ». Il ne s’agit plus de considérer qu’un utilisateur ou un appareil est digne de confiance dès lors qu’il a passé une frontière qu’elle soit physique ou logique. Au contraire, chaque tentative d’accès doit être considérée comme potentiellement suspecte et soumise à une vérification stricte et systématique.
Cette philosophie rompt radicalement avec les approches traditionnelles fondées sur la « confiance implicite ». Dans de nombreuses architectures classiques, la validation initiale comme la connexion au VPN ou l’accès au réseau interne suffit ensuite à accorder des permissions étendues, parfois bien au-delà de ce qui est nécessaire. Cette logique a permis, au fil des années, de nombreuses attaques réussies : dès qu’un attaquant franchissait le périmètre, il pouvait se déplacer latéralement presque sans entrave.
Le Zero Trust inverse cette perspective. L’idée est de considérer que la compromission est toujours possible, et qu’il faut donc vérifier, authentifier et autoriser chaque action de manière explicite et granulaire. Cette posture de défiance constructive ne vise pas à bloquer systématiquement, mais à conditionner les accès à des preuves d’identité robustes et à un respect strict des règles de sécurité définies par l’entreprise.
En somme, l’adage « Never Trust, Always Verify » n’est pas un simple slogan : c’est un changement de paradigme profond, qui impose de repenser la sécurité comme un processus continu et dynamique, et non comme un simple point de passage à l’entrée du réseau.


