Un contexte africain propice à la confusion…
La difficulté à identifier de vrais experts en transformation digitale n’est pas simplement un phénomène mondial. Elle revêt une forme particulière dans nos pays africains, où les dynamiques de transformation sont réelles mais encore fragiles, et où les dispositifs d’évaluation des compétences sont rarement consolidés.
D’abord, la digitalisation s’impose souvent dans l’urgence. Contraintes par la modernisation des services publics, les attentes des bailleurs ou les exigences de compétitivité dans le secteur privé, les entreprises et institutions africaines accélèrent leurs projets de transformation numérique sans disposer d’un socle suffisant de compétences internes pour les piloter. Conséquence : elles doivent rapidement « acheter » de l’expertise externe… sans posséder les outils adéquats pour en évaluer la qualité.
Ensuite, dans de nombreux contextes africains, l’éloquence est souvent valorisée autant, voire plus que la compétence démontrée. Un consultant qui s’exprime bien, utilise les termes à la mode et brille en conférence inspire facilement confiance. À l’inverse, un expert discret, rigoureux, orienté terrain mais peu visible sur les réseaux sociaux, risque d’être ignoré ou considéré comme « trop technique ». Ce biais culturel renforce la confusion entre « celui qui convainc » et « celui qui transforme réellement ».
Autre facteur aggravant : la faiblesse des systèmes de certification locale. Il existe encore peu de cadres nationaux ou régionaux pour valider les compétences en transformation digitale, et rares sont les instances africaines reconnues pour attester de la qualité des consultants sur ces sujets complexes. Dans ce contexte, chacun peut mettre en avant ses titres, son expérience présumée ou son storytelling, sans être véritablement mis à l’épreuve.
Enfin, les processus de recrutement manquent souvent de rigueur : appels à compétences imprécis, entretiens superficiels, critères subjectifs… Dans ce contexte, des profils médiocres peuvent facilement décrocher des missions stratégiques, au détriment de consultants plus qualifiés mais moins visibles.
Cette situation explique pourquoi les entreprises et institutions africaines sont particulièrement vulnérables aux profils « bien présentés mais mal outillés ». C’est pourquoi il est désormais important d’utiliser une grille d’évaluation rigoureuse, claire et adaptée à notre contexte local pour sélectionner les experts en se basant non pas sur des impressions ou l’élégance d’un CV, mais sur des critères objectifs et vérifiables.


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